Nouvelle lettre Horizon
LETTRE HORIZON
Nouvelle lettre IMAGE n°15 – janvier février 2013
Nadine et Jean-Claude Forestier
Cette nouvelle Lettre est écrite des îles Shetland, où nous nous trouvons de nouveau. Cette fois nous ne marchons pas sur les traces de lady Franklin ! Le pays, fortement marqué par son passé viking, nous avait intrigués quand nous l’avions visité l’année dernière, et nous avions décidé d’en voir et d’en savoir un peu plus… Certes, février n’est pas le mois touristique par excellence, le jour ne se lève pas avant 9 heures et la nuit tombe dès 16 heures, dire que les cieux sont tourmentés n’est qu’un pur euphémisme, et les vents emmènent les vagues loin au-dessus des terres déjà gorgées d’eau par les pluies incessantes (la mer n’est jamais à plus de 5 kilomètres de là où vous êtes) ! Bien sûr, il y a une bonne raison d’être ici à cette période, nous en reparlerons ultérieurement…

Soleil couchant sur l’île de Saint Ninian – Shetland Ecosse – janvier 2013
Mais voilà, nous avons rarement voyagé là où il convenait d’aller, et les îles Shetland en sont un bon exemple. Nous espérons surtout que vous trouverez également de l’intérêt à découvrir davantage ce minuscule archipel écossais, isolé en mer du Nord. Aujourd’hui, et cette fois n’est pas coutume, nous souhaitons évoquer un autre pays, où nous étions en décembre dernier : le Myanmar, autrement dit la Birmanie…
Nous avions découvert la Birmanie en 1985… un pays à raison réputé difficile, soumis à une dictature féroce, mais d’une beauté si déconcertante, peuplé de femmes et d’hommes si aimables que nous y étions retournés de nombreuses fois, sans jamais en épuiser l’intérêt ni le plaisir jusqu’en 1999, et nous nous y avions réalisé plusieurs films. Le temps avait passé, les contacts s’étaient épuisés ; en particulier la correspondance que nous entretenions avec un moine bouddhiste de Sagaing s’était interrompue sans raison (emprisonnement, maladie, décès ?). La situation politique a subitement changé en 2011. Le pays où le sourire n’était pas signe de bonheur, retrouve l’espoir. Voilà pourquoi nous sommes repartis là-bas, pour voir par nous-mêmes ce qui était en train de se passer, sans doute aussi tenaillés par une nostalgie dont nous ne parvenons pas à nous dessaisir. Allions-nous retrouver la Birmanie que nous aimions ?

La Birmanie a-t-elle changé ? Visiblement oui ! Parc automobile flambant neuf, embouteillages monstres à Rangoon, enseignes publicitaires de marques étrangères aux carrefours, apparitions du blue jeans, téléphones portables dans la plupart des mains… c’est impressionnant ! Est-ce à cela qu’on reconnait qu’un pays n’est plus une dictature ? Certes non… mais !
Mais… quel étonnement de vérifier qu’il est désormais possible de parler d’Aung San Suu Kyi avec une personne de rencontre sans lui faire prendre le risque d’être emprisonnée ! De voir la photo du Prix Nobel de la Paix dans la presse birmane, de croiser des gens portant tee-shirt à son image, de voir dans les villages l’enseigne de la LND (Ligne nationale pour la Démocratie) clairement affichée, jusque sur les paillotes ! Est-ce la partie émergée d’un iceberg, ou les images trompeuses d’une révolution de façade ? Attention bien sûr aux jugements hâtifs ! Heureusement, les changements sont plus profonds, et touchent à la politique sociale et économique du pays, même s’il faut rester prudent quant à leur pérennité…





